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Catherine-Gérine Fabre (1811-1887)

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Elle naît le 22 avril 1811 dans un pauvre village du centre de la France, au cours d’une période caractérisée par :

  - de profonds changements socio-politiques:

ü affrontement entre les courants révolutionnaires et royalistes
ü spectaculaire transformation industrielle
ü exploitation féroce de la main d’œuvre ouvrière et des enfants
     dans le monde du travail

ü oubli total de l’éducation et de la santé
ü mouvement migratoire  chaotique de la campagne vers la ville.

- changement radical des mentalités: on recherche le profit individuel ainsi qu’une plus grande autonomie au plan religieux.

Elle appartient à une famille modeste. Pour trouver du travail, son père doit se déplacer d’un lieu à l’autre et Catherine Gérine est très vite obligée d’abandonner l’école pour aider sa mère à élever  ses frères ; de fait, elle est la seconde de sept enfants.

Durant sa jeunesse, elle connaît et commence à fréquenter, avec ses sœurs, le mouvement laïque dominicain. Elle fait partie de la fraternité de Chaudes-Aigues, petite ville renommée pour ses thermes ; là, elle accompagne, visite et soigne les malades. Il était de coutume lorsque l’on rentrait dans cette fraternité laïque, de changer son nom de baptême par un autre : Catherine-Gérine choisit de se faire appeler désormais Gérine.

Au cours de ses longs trajets sur les routes de Chaudes-Aigues, elle a l’habitude de s’arrêter dans un petit sanctuaire dédié à la Vierge pour y contempler la « Pietà ». C’est devant cette représentation de Marie soutenant dans ses bras le corps défiguré et mort de Jésus, et dans le silence et la prière, que s’ouvrent dans le coeur de Gérine de profonds sillons de compassion et que prend corps son désir de faire des pauvres le lieu du don de sa vie au Seigneur.

En 1842, elle se rend à Toulouse où elle fonde une nouvelle communauté de tertiaires dominicaines, femmes qui, à la lumière de la spiritualité de S. Dominique, vivent ensemble et se dédient au service des malades et à la prière. Malgré  les difficultés inhérentes à toutes les naissances et commencements, les communautés se multiplient rapidement.

Confirmée et encouragée dans se vocation dominicaine par le P.Lacordaire, restaurateur de l’Ordre dominicain en France, Gérine fera de l’expérience fondatrice de Saint Dominique, le noyau inspirateur de ses communautés   et de leur service apostolique.

A partir de 1852, établie à Albi, elle concrétise et organise peu à peu la Congrégation des Sœurs Dominicaines de Ste Catherine de Sienne officiellement reconnue en 1865 : elle devient « guide et mère » de toutes celles  qui se présentent pour appartenir à cette famille.

En peu de temps, de nouvelles communautés de soeurs voient le jour en Italie et en Amérique latine.

M. Gérine a voulu donner Ste Catherine, une Siennoise du XIV, également tertiaire dominicaine, comme « Compagne et Maîtresse » de sa Congrégation afin que ses filles puissent puiser dans la profondeur de sa vie et de ses écrits, la sève capable de nourrir leur manière d’être dominicaines au cœur du monde.

Le 3 septembre 1879, pour des raisons historiques et ecclésiales à la fois, M. Gérine renonce à sa charge de guide de la Congrégation et présente sa démission à l’évêque d’Albi.

Durant huit longues années, elle vit dans sa chair le mystère de la croix. Elle l’accueille dans un acte de foi inconditionnel et meurt dans une solitude presque totale, à Carassonne, le 31 décembre 1887. Cette souffrance et cette solitude seront le lieu de cet « espace ouvert » qui permettra au Dieu de la Miséricorde de « pourvoir » et de « semer » abondamment sa Vie.

 


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