Un petit pays si accueillant, le Panama !
Témoignage
de Sr Marista sur les Journées Mondiales de la Jeunesse
(17-29 Janvier 2019)

JMJ PanamàParler de l’expérience des Journées Mondiales de la Jeunesse (JMJ) au Panama n’est pas si facile, car il y a tellement de choses à dire. Venant des Caraïbes moi-même j’étais convaincue que nous allions vivre quelque chose de magnifique. Nous avons été accueillis dans la paroisse de Pocri qui se trouve dans le Diocèse de Chitré. Nous sommes arrivés vers 1h00 du matin ; cela n’a pas empêché un accueil très chaleureux avec feux d’artifice et petit snack car, en effet, nous avions faim ! Les familles d’accueil ont été vraiment très accueillantes, nous avons vécu au rythme de la culture panaméenne avec leurs chants, les danses, la musique, et les différents plats culinaires.

Durant cette première semaine, nous avons pu visiter quelques personnes malades de la communauté, vécu une journée écologique, où nous avons planté des arbres dans un parc où en général des enfants vont jouer. Nous avons partagé tout cela avec d’autres pèlerins du Canada. Au cours de cette première semaine, nous avons eu un avant-goût du festival de la jeunesse avec une journée à Chitré où nous avons rencontré beaucoup d’autres pèlerins, nous avons défilé dans la rue avec nos drapeaux, les gens qui nous saluaient, d’autres qui nous disaient la bienvenue. Le plus beau était le défilé de toutes les paroisses du Diocèse : chacun comme si c’était le carnaval avec des chars, avec leurs saint patrons, les habits du pays, des jeunes d’établissements scolaires qui avaient un orchestre, et nous pèlerins si nous étions dans telle ou telle paroisse quand ils passaient nous les avons rejoints et dansé au rythme de la musique.

Est arrivé le moment de partir : quitter la paroisse et le diocèse qui nous avaient accueillis, moment difficile ! Nous avons vécu peu de jour dans les familles avec des journées chargées mais il y avait un lien très fort et de ce fait nous nous sommes quittés avec les larmes aux yeux, ce n’était plus des gens quelconque mais nos familles. Cela s’est ressenti même lors de la dernière messe que nous avons célébrée avec la paroisse, les gens qui n’avaient pas pu recevoir des pèlerins étaient tous aussi contents de nous voir chez eux, souvent la question était : si vous retournez au Panama vous allez revenir à Pocri ? J’étais très surprise un jour : pour me rendre à la paroisse, je suis allée à pied et une dame est sortie de chez elle, m’a demandé le prénom d’où je venais et puis invitée a goûter un plat typique, évidemment je n’ai pas refusé : c’était très bon d’ailleurs, fallait surtout pas faire de régime durant cette période des JMJ !

Accueil musulmans PanamaArrivée à Panama City, j’ai été frappée du fait que la ville soit coupée en deux, tu regardes à droite de grand building, tu regardes à gauche le bidonville. Frappée aussi de la Foi des Panaméennes, de l’importance de la famille ; comme toute culture ils ont leurs superstitions etc.… ils ont également une idée de la France ou de l’Europe où la vie est belle, beaucoup de débauchés, on gagne beaucoup d’argent, leur dire que la vie en France est loin de ce qu’ils pensent était impensable pour eux.
En vivant normalement dans un quartier où il y a une forte population musulmane, j’avoue que j’étais très émue de voir écrit, à Panama : « La communauté Islamique salut le Pape François homme de Paix », ou alors de savoir que les musulmans et juifs offraient des repas aux Pèlerins … je ne trouve pas les mots pour exprimer ce que j’ai ressenti.
A Panama City, c’était merveilleux de circuler et de s’arrêter à des coins de rues et de regarder le défilé des jeunes du monde entier. Cela ne finissait jamais ils débouchaient de partout avec leurs chants, leurs drapeaux, et des choses à partager avec les autres. Quand nous entrions dans le métro ou que l’on marchait dans la ville, je me disais « wow » nous avons bousculé la vie des Panaméens.

Tous, nous gardons des souvenirs plein les yeux, de ce petit pays qui nous a accueillis avec beaucoup de dignité, fier d’être le centre du monde. Beaucoup de familles d’accueil étaient pauvres sur le plan matériel, mais pour eux le plus important c’était de recevoir des pèlerins. Cela a beaucoup touché les jeunes car ils disaient que ben, si c’était eux ils ne pensaient pas qu’ils auraient accueilli ! Ils sont complètement sortis de leurs zone de confort.
Vient le moment de repartir, de retourner dans le quotidien : beaucoup étaient ressourcés, d’autres qui ne savaient pas comment affronter de nouveau la réalité quotidienne. Beaucoup d’interrogations : nous avons vécu un moment extraordinaire, comment nous retournons chez nous ? mais ce qu’ils ont vu, ce qu’ils ont vécu, partagé, reste une expérience unique qui, je pense, leur donnera la force d’affronter l’ordinaire de leur vie !

Sr Marista Solomon (Carcassonne, France)

Mars 2019

 

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